#detontemps

J’en parle comme si c’était d’hier. Hier en effet est récent, mais pas assez. Car ce que je raconte ce soir se passe ce soir, à cette heure qui passe. Je ne suis plus chez ces assassins, dans ce lit de terreur, mais dans mon lointain refuge, les mains nouées ensemble, la tête penchée, faible, haletant, calme, libre, et plus vieux que je ne l’aurai jamais été, si mes calculs sont justes. Je mènerai néanmoins mon histoire au passé, comme s’il s’agissait d’un mythe ou d’une fable ancienne, car il me faut ce soir un autre âge, que devienne un autre âge celui où je devins ce que je fus. Ah je vous en foutrai des temps, salauds de votre temps

Le calmant de Beckett (extrait)

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